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L’Algérie

L'indépendance de l'Algérie

L’Algérie, ce pays d’Afrique du nord, riche en ressources et à la population dynamique ne semble pas arriver à trouver sa stabilité malgré son indépendance depuis plus de 50 ans. Sujet de nombreux livres, notamment de Yasmina Khadra, ce pays m’intrigue. Sur fond de réformes constitutionnelles, en Algérie, rien ne semble pourtant aller de l’avant.   

L’Algérie. Ce pays m’intrigue depuis quelques temps. C’est sûrement à cause de Yasmina Khadra. Son livre Ce que le jour doit à la nuit m’a tenu en halène du début jusqu’à la fin. Des histoires d’amitié et d’amour grandissent, avec en toile de fond la lutte pour l’indépendance algérienne. La France et les algériens se déchirent.

Cela me fait réaliser qu’à l’école en France, on ne s’attarde pas sur cette partie de l’histoire. La décolonisation française est une période douloureux, celle de l’Algérie est particulièrement déchirante. Il faut donc passer ce chapitre sous silence.

En tant que française qui s’intéresse aux questions coloniales, le cas de l’Algérie est particulièrement intriguant. D’un côté, l’Algérie était une terre d’opportunités, de richesses, une partie intégrante de l’histoire de mon pays. Motivé par l’intérêt national et les visées impériales, posséder et contrôler l’Algérie était une nécessité. De l’autre côté du miroir, l’Algérie est exploitée et envahie par des européens qui institutionnalisent leur supériorité au dépend des peuples indigènes.

La vague de décolonisation, mais surtout la guerre d’indépendance ont permis au pays de s’émanciper le 5 juillet 1962. L’Algérie avait besoin de voler de ses propres ailes.

Ces ailes ne sont pourtant pas porteuses de stabilité, car l’Algérie peine, encore aujourd’hui, à trouver son équilibre, entre guerre civile, radicalisme et extrémisme religieux, pratiques anti-démocratiques, croissance économique lente pour un pays dit en développement, mainmise des élites sur l’économie et les ressources pétrolières et gazières, et manque d’opportunités pour les jeunes.

Un autre livre de Yasmina Khadra, Qu’attendent les singes, observe l’Algérie sous sa forme contemporaine. Ce dialogue m’a particulièrement interpellé:

“- Me confesser? Tu crois que j’ai un cas de conscience? J’ignore ce que le mot conscience veut dire. Je me pose seulement des questions. Je n’ai ni instruction ni saint patron, et je suis à la tête d’un empire. J’ai dormi dans des enclos à bestiaux, rôdé autour des casernes pour trouver de quoi ne pas crever de faim, tiré sur des mégots jusqu’à me brûler les doigts et, hop! du jour au lendemain, je suis le roi du monde. Pourquoi moi?

– C’est ce que doivent se demander un tas de nos dirigeants, élus et milliardaires, Eddie. Beaucoup d’entre eux n’ont jamais ouvert un livre. Ils sont les miraculés d’un pays corrompu où l’on privilégie la médiocrité au mépris de la compétence et où l’on défigure les consciences pour que la laideur soit sauve. Sinon, comment expliquer que, malgré ses richesses inestimables, l’Algérie demeure pauvre en rêves et en ambitions et crapahute à la traîne des nations?

– Tu ne vas peut-être pas me croire, mais j’ai de la peine pour notre patrie.

– On n’a que le pays qu’on mérite, Eddie. Il ne s’agit pas de fatalité.”

Si maintenant vous lisez l’actualité algérienne, vous verrez que ce dialogue n’est pas si éloigné de la réalité. La reforme constitutionnelle votée le 7 février a fait couler beaucoup d’encre à travers le monde. Mais beaucoup de journalistes (algériens et internationaux) ont décrié les changements annoncés comme des manipulations du pouvoir, des changements cosmétiques effectués pour la forme mais qui ne changent pas grand chose.

Seul Abdelaziz Bouteflika, président autoritaire depuis 1999 et malade depuis plusieurs années, devrait enfin s’en aller. Cela devrait être une bonne nouvelle. C’en est que la moitié d’une car il ne partira pas sans avoir choisi son successeur.

Depuis plusieurs jours, en effet, Abdelaziz Bouteflika prépare son casting. Celui-ci est mené de manière très dangereuse pour l’avenir du pays, car il ne privilégie nullement la compétence, le mérite ou les capacités à prendre des décisions stratégiques. Loin s’en faut ! Bouteflika recourt, une nouvelle fois, au sempiternel jeu des ‘équilibres’ ou du ‘consensus’ entre les différents clans”.

La colonisation et de la décolonisation de l’Algérie laissent encore aujourd’hui des traces, des deux côtés de la Méditerranée. La relation entre l’ancien colonisateur et l’ex-colonisé restent affectées par des années de proximité, d’exploitation, d’unilatéralité, et de guerre.

Et la politique algérienne est toujours régit par ceux qui ont pris les armes contre le colon français. Le Front de Libération Nationale (FLN) tient toujours les rênes du pouvoir. Ce parti, qui a libéré l’Algérie du joug français n’a pas pour autant instauré un régime démocratique.

Étrangement, l’Algérie n’a pas eu son Printemps Arabe comme ses voisins. Plusieurs raisons ont été invoquées, comme l’adversité de la société pour les conflits (la guerre civile des années 1990 a fait plus de 200 000 morts, notamment à cause du terrorisme islamique) ou encore la peur des changements radicaux au niveau politique. C’est ainsi que le régime de Bouteflika a été modérément contesté de l’intérieur, et que des réformes incrémentales ont été demandées plutôt qu’une réforme en profondeur.

Les revenus générés par l’exploitation pétrolière ont aussi garanti la paix en Algérie. A coup d’investissement publique, le gouvernement a réussi à faire taire les contestataires.

Mais la paix sociale algérienne est fragile. La corruption endémique, l’absence de perspectives pour les jeunes, la chute du prix du pétrole qui vont nécessairement réduire les investissements publics,  et la menace du terrorisme islamique qui plane dans les pays voisins ainsi que de l’autre côté de la Méditerranée ne  présagent rien de bon pour le pays.

flora

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