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Penser le monde comme un tout

Cet article est traduit de l’anglais. Vous pouvez trouver l’article original ici.

Il y a quelques semaines, j’ai décidé que j’allais écouter un Ted Talk tous les matins pendant mon petit-déjeuner. Le but était de démarrer mon cerveau dès le matin, mais pas seulement sur des sujets politiques ou d’actualité. Chaque semaine, je choisirai le discours qui m’a le plus marqué. Je le posterai ici afin d’en discuter avec vous.

Le Ted Talk qui m’a le plus marqué a été donné par l’ancien Premier Ministre britannique Gordon Brown en 2009. Sa politique intérieure n’est pas importante, ce qui m’arrange bien car je ne suis pas une experte en politique britannique. Vous allez surement me dire que ce discours est vieux – vieux de 6 ans pour être précis. Je vous réponds que vieux n’est pas forcément synonyme de mauvais ou d’inintéressant, bien au contraire. Si vous regardez la vidéo, vous remarquerez surement que ce dont G. Brown parle est toujours d’actualité. C’est la raison pourquoi j’ai choisi de parler de ce discours.

La première partie du discours sert à capter l’attention du publique, en faisant appel à leur mémoire, en leur rappelant les horreurs du passé qui les ont choqués, les photos qui ont changé la vision du monde de l’Occident et ont poussé la communauté internationale à intervenir dans des crises à travers le monde. Cette première partie me rappelle une photo qui était partie sur internet il y a quelques jours: cette image d’un petit garçon trouvé mort sur la côte turque après avoir traversé la Méditerranée avec sa famille afin de fuir une Syrie déchirée par la guerre.

Comme le dit Brown,

Ce que l’on voit dévoile ce que nous ne pouvons pas voir

Et même si la photo du petit garçon soulève bien des questions en terme d’éthique, elle fait appelle à notre humanité, ce dont l’Europe semble avoir des difficultés à trouver afin de trouver des solutions à l’afflux des migrants arrivant sur nos frontières sud.

La différence la plus importante entre la photo du petit garçon échoué sur la plage de Turquie et les autres exemples donnés par Gordon Brown est que cette fois-ci, la crise a atteint, et affecte directement, l’Occident. La crise n’est plus en Afrique ou au Moyen Orient. Elle est juste à côté de nous, dans les frontières de l’UE. Ce que cela signifie c’est qu’il nous est maintenant demandé de faire face à une crise (prévisible) et de corriger le mal que des décennies d’intervention à l’étranger ont causé. Cela montre aussi que l’Europe n’est plus immunisée contre les problèmes que le reste du monde connaît. Et cette fois-ci, envoyer de l’aide ne suffira pas, car il devra être déployé chez nous, demandant un degré élevé de compréhension, de coopération et de coopération.

Ce que cette image suggère aussi c’est que nous, la communauté internationale, avons été incapables de répondre de manière appropriée aux crises dont tout le monde a conscience mais auxquelles personne ne réagit pour autant. Gordon Brown met justement en lumière les manquements des institutions internationales qui ont été créés pour faire avancer les droits de l’homme et la dignité humaine dans le but de créer une paix globale et durable. Nous avons de nouveau manqué à nos obligations, tel qu’au Rwanda nous n’avons pas stoppé un génocide, en ne venant pas au secours de ceux qui préfèrent risquer leurs vies en traversant la Méditerranée dans des bateaux de fortune surpeuplés plutôt que de rester de rester dans leur pays où ils sont en danger à chaque instant. Et malgré l’importance de la couverture médiatique des événements en Syrie et des autres pays en proie à la guerre, nous n’avons pas su répondre à la détresse des populations locales.

Nous devons répondre aux problèmes dont tout le monde connait l’existence

Nous ne réussissons pas non plus à penser global, à comprendre les implications que les crises internationales pourraient avoir pour nous. Nous oublions qu’aujourd’hui, on récolte ce que l’on sème. Refuser de soutenir un pays sous développé aura des conséquences sur le moyen et long-terme sur le système international. Refuser de penser le monde comme un tout, mais aussi de prendre en compte sa diversité, compromet la paix et la stabilité mondiale. En fin de compte, aider les autres c’est aussi s’aider soi-même.

Le cas du réchauffement climatique est un exemple de ces principes. Les leaders mondiaux se rencontreront fin novembre à Paris à la COP21. Le speech de Gordon Brown mentionne un sommet sur le sujet, celui de Copenhague, qui avait les mêmes ambitions que celui de Paris, mais n’a visiblement pas eu les résultats escomptés. Des institutions qui punissent, régulent et imposent des décisions sur les problèmes climatiques doivent être crées afin de faire de la dérégulation climatique une ressource commune à tous impliquant tout le monde, pour le bien de tous.

A une époque où tout le monde a accès à ce qui se passe à l’autre bout du monde de manière instantanée, les citoyens devraient être plus impliqués dans le processus de prise de décisions afin de trouver des solutions aux problèmes qui nous concernent tous. Jusqu’à présent, la société civile a été plus rapide pour accueillir les migrants venant de l’autre côté de la Méditerranée que les gouvernements européens. Il y a donc quelque chose qui ne fonctionne pas dans notre système. Le caractère global de la société civile n’est pas reflété dans la classe politique. Les technologies de l’information sont la clé, ce qui fait écho à un autre Ted Talk.

Le premier ministre Brown demande à ce que nous reconnaissons notre devoir de venir en aide à notre prochain. Nous devons agir comme des citoyens du monde afin de résoudre les problèmes qui affectent notre planète, car ceux-ci ne s’arrêtent pas aux frontières. Nous avons le potentiel de construire un monde meilleur. Notre éthique doit supplanter nos intérêts nationaux. Let’s do it.

flora

Gordon Brown a donné un autre Ted Talk sur le lien entre l’éthique globale et l’intérêt national, cliquez ici pour le regarder. 

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Payez les stagiaires!

Plutôt d’actualité, ce sujet m’est cher car il m’affecte directement. C’était donc impossible que je n’en parle pas.

Le débat sur les stages non rémunérés a été remis sur le tapis car un stagiaire de l’ONU dormait dans une tente à Genève. Mise en scène ou pas, sa médiatisation a poussé les médias à remettre le sujet à la une.

Je viens de finir mes études, et étant donné que les stages sont souvent la première étape avant d’obtenir un ‘vrai’ job, le fait que les stages ne soient pas payés me concerne. En tant que diplômée de 24 ans, j’aime à croire que je vaux quelque chose. Que mon temps, mon énergie et ma connaissance méritent de pouvoir payer mes factures. Que les cinq années que j’ai passées sur les bancs de l’université, ou derrière un bureau lors de mes stages précédents, devraient m’apporter quelque chose. Je ne demande pas grand chose, juste de pouvoir subvenir à mes besoins et d’être indépendante financièrement.

Vous trouverez plusieurs articles expliquant pourquoi les stagiaires de l’ONU ne sont pas payés. Ils vous diront que l’organisation et ses organes spécialisés manquent de ressources, que les Etats-Unis leurs doivent des sommes astronomiques, que c’est le résultat d’une résolution mise en place lorsque le nombre de stagiaires a explosé et que les finances disponibles n’ont pas suivi. Ce sont des excuses, et elles renvoient un message négatif. En tant qu’organisation qui promeut les droits de l’homme et l’égalité des chances pour tous, leurs stages vont dans la direction opposée.

En refusant un salaire à leurs stagiaires, les organisations et institutions créent une culture d’exploitation rendant acceptable d’utiliser les autres, ainsi que leurs connaissances, afin de réaliser leurs objectifs. En plus d’être abjecte en terme d’éthique, cela créé un cercle vicieux où les anciens stagiaires engageront des stagiaires sans aucune contrepartie à leur tour, pour la seule et unique raison qu’ils ont du passer par là, et que c’est la loi de la jungle. C’est une mauvaise habitude qui risque donc de se perpétrer.

Les stages non rémunérés maintiennent les disparités sociales. Ceux qui ont le soutien financier nécessaire pour vivre dans les villes les plus chers du monde (New York et Genève en sont les parfaits exemples) durant des mois de stages impayés, ne représentent qu’une infime partie de la population mondiale. Ceux qui ne possèdent pas les ressources nécessaires, ou refusent de s’endetter, doivent donc mettre de côté cette opportunité. Mais souvenez vous que ceux qui ont le plus de ressources financières ne sont pas forcément les plus qualifiés.

Mais passons outre cette vision binaire du monde, qui oppose les riches aux pauvres, entre ceux dont les familles ont les ressources pour les soutenir pendant leurs stages à l’ONU ou dans d’autres institutions, et ceux dans les familles n’en sont pas capables. Certains jeunes ne veulent tout simplement plus dépendre d’autres personnes autres qu’elles mêmes. Car entrer sur le marché de l’emploi est une opportunité pour les jeunes de devenir enfin autonomes, sans comptes à rendre. C’est mon cas. Mes parents m’ont soutenue financièrement durant mes études. Etudier était confortable, je savais que j’avais un filet de secours pour me rattraper à tout moment. Je faisais mon boulot (étudier), et tant que j’obtenais de bons résultats, j’avais de l’argent. Maintenant que j’ai quitté l’université et que mes parents et moi avons décider que je devais être indépendante financièrement (ce que j’attendais avec impatience), et que je travaille, j’ai du mal à comprendre pourquoi j’ai besoin d’utiliser mon épargne. J’ai un, (même deux) diplômes, j’ai de l’expérience, des compétences, des connaissances et de la motivation, mais pas assez d’argent sur mon compte en banque.

Ce qui me choque le plus, ce sont les justifications invoquées pour justifier pour les stagiaires ne sont pas rémunérés (ou peu). “Pas de fonds”. Mais il y a pourtant des ressources pour offrir des promotions aux employés ou encore ajouter un autre zéro à la fin du chèque du patron. Mais il ne reste rien pour ceux au bout de la chaîne alimentaire, même si les stagiaires sont importants pour la réalisation des objectifs de l’organisme en question. Même dans le cas où un stagiaire est seulement (et tristement) responsable d’apporter le café à son supérieur, (ce qui n’est acceptable que si ce stagiaire est en formation pour être garçon de café), cette personne contribue tout de même, car, sans ses cafés, le manager n’obtiendrait sûrement pas les mêmes résultats. Les stagiaires méritent l’investissement. Leurs cerveaux sont prêts à absorber toute sorte d’information, ils ont la motivation d’apprendre et de faire toujours mieux. Utilisez ces capacités, et récompensez les.

Investissez dans la jeunesse. Ils sont/ nous sommes le future.

Tout travail mérite salaire.

Les stagiaires sont des humains.

Payez les stagiaires.

flora

P.s. Signez la pétition ici

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