Security & Defense

93ème séminaire jeune de l’IHEDN – J2

Cette deuxième de comité suit le même schéma que la première, mais avec cette fois ci un focus sur l’Etat de la France aujourd’hui en matinée et sur les retours d’expérience (retex) d’opérations l’après-midi.

Voici les choses à retenir de la journée :

  • Les effectifs à la disposition de l’armée française ne cessent de décroitre, et atteignent désormais des forces comparables à celles de l’époque de Louis XIV bien que la population soit 3 fois plus importante aujourd’hui. Bien entendu, les corps-à-corps ont disparu et les guerres font moins de mort. L’effectif humain reste tout de même primordial à la fois par la force qui découle de sa présence mais aussi parce que la technologie ne peut pas se substituer à la composante humaine. Les forces françaises sont désormais en « surchauffe » avec des durées d’entrainement insuffisantes, des déploiements trop longs et des missions en manque d’effectif. On observe ainsi une démoralisation des troupes qui résulte de la corrélation entre ambitions évoquées dans le Livre Blanc de la Défense et les moyens disponibles.
  • La France a perdu plus de 40% de ses effectifs militaires entre 1992 et 2012. Cela n’aurait été possible dans aucun autre secteur. Mais les militaires ne font pas la grève…
  • La France possède 60 000 forces opérationnelles, ce qui permet le déploiement simultané de 22 000 hommes. Avec la présence française à travers le monde, notamment au Mali, en Centrafrique, à Barkhan, au Liban ainsi que dans les Antilles, l’Opération Sentinelle mise en place pour des raisons anti-terroristes et qui mobilise 9 000 soldats en métropole rajoute un poids sur les effectifs déjà en flux tendu du pays.
  • Les moyens budgétaires à la disposition de l’armée forcent une réduction des équipements, à la suite de laquelle on observe une surutilisation des équipements mais aussi le recours aux bricolages, c’est-à-dire l’utilisation des armes et autres pour des missions auxquelles elles n’étaient pas destinées. L’armée française privilégie ainsi l’achat d’outils polyvalents pouvant servir sur des théâtres d’opération divers et à des buts variés.
  • La loi de programmation prévue dans le Livre Blanc de 2013 a été ajusté en 2015, prévoyant ainsi la mise à disposition de 3,8 milliards d’euros supplémentaires aux armées sur les 4 prochaines années. Bien que cela reste insuffisant, le but est ainsi de pouvoir augmenter le nombre de troupes, de 66 000 à 77 000 personnels.
  • Le Livre Blanc de la Défense de 2013 ressert la zone d’intérêt autour de la France en soustrayant une partie de l’Asie, notamment l’Inde, mais aussi de la Mauritanie, de l’Asie Pacifique et de l’Afghanistan. Le focus est ainsi mis sur les frontières directes de l’UE et de l’environnement géographiquement proche (géographiquement et historiquement) de la France.
  • Les intérêts proclamés de la France aujourd’hui font écho à ceux affichés jadis par De Gaulle lors de la sortie de la France du Commandement Intégré de l’OTAN. L’accès est mis sur la protection du territoire nationale (métropole, territoires d’outre mers, ZEE) ; maintien de la paix et de la stabilité dans les zones clés évoquées dans le point précédent ; lutte contre le terrorisme et la prolifération nucléaire ; rôle de la France comme Nation-cadre dans des missions extérieures ; indépendance de l’initiative et de la stratégie de la France, qui s’illustre notamment par son indépendance nucléaire.
  • La France mise sur une tradition militaire renommée et polyvalente. Malgré la réduction des moyens, elle recherche le maintien de sa complétude, c’est-à-dire de sa capacité à intervenir par tous les moyens disponibles sur tous les théâtres d’opération. La France est aussi capable d’entrer en premier sur un théâtre, ce que peu de nations sont capables de faire (notamment au Mali, en Centrafrique, etc.).
  • En vue des défis notamment budgétaires, mais aussi compte tenu du changement du paysage sécuritaire de la France, cette dernière a intérêt à miser sur les alliances et partenariats, ne serait-ce que pour porter collectivement le poids des missions, mais aussi par le pooling and sharing, c’est-à-dire l’acquisition groupée d’appareils militaires dont l’utilisation est partagée entre les acheteurs (notamment avec l’Allemagne, mais aussi peut-être la Pologne, bien que les intérêts de cette dernière divergent de ceux de la France).
  • La France est le 4ème exportateur mondial d’armement. Le marché mondial des armes ne connait en effet pas la crise car le monde reste chrysogène et la solution militaire la réponse majoritairement adoptée par les Etats pour se prémunir contre les attaques et menaces.
  • Le secteur de l’industrie de défense reçoit d’importants investissements du gouvernement, ce qui permet le maintien de cette industrie en France, garantit l’approvisionnement des forces armées, et encourage la compétitivité de la France en la matière. Les exportations permettent la rentabilisation du secteur ainsi que de renforcer les partenaires qui se trouveraient en situation de crise.
  • Les exportations d’armement sont, par définition, interdites sauf exceptions. Ces exceptions sont déterminées par une analyse interministérielle des acheteurs potentiels et de ses intentions. L’autorisation de l’exportation doit se faire selon le respect des intérêts financiers et en terme de politique étrangère de la France, mais doit aussi s’inscrire dans la perspective du respect des Droits de l’Homme.
  • L’opération SANGARIS en République Centrafricaine (RCA) s’est fait suivant la demande du Président de la RCA, François Bozizé, alors que le pays était en proie à l’instabilité à cause des Séléka, groupuscule musulman semant la terreur dans le pays. 2 200 hommes sont déployés en continu depuis l’intervention française en décembre 2013. Le but est de soutenir les forces de l’Union Africaine, de ramener le niveau de sécurité le plus bas possible afin de pouvoir y mettre en place des infrastructures stables.

flora 

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Security & Defense, Uncategorized

93ème séminaire jeune de l’IHEDN – J1

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IHEDN

Cette semaine, mes articles seront un peu inhabituels car ils ne seront pas le résultat de ma recherche mais plus sur ce qui m’est permis d’apprendre cette semaine durant.
Je vais vous faire part de mes réflexions et apprentissages collectés lors du 93ème séminaire de l’IHEDN, l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale.

Basé à Paris, l’IHEDN est un institut de formation interministériel, dépendant de l’autorité du premier ministre, et dont les activités se focalisent sur les questions de défense au sens large. « Défense » ne doit pas être compris au sens purement militaire mais doit intégrer les dimensions économiques, culturelles, industrielles mais aussi toutes les questions d’affaires étrangères. Le but de l’IHEDN est ainsi de développer l’esprit des populations aux questions de défense et de les sensibiliser aux affaires internationales.

Je participe ainsi à une séminaire jeune, le 93ème organisé depuis 20 ans, qui se déroule à Paris. Les participants ont entre 20 et 30 ans et représentent des corps de métier aussi variés que membres du clergé, militaire de l’armée de terre et marine, consultants en sécurité, étudiants, et dans des domaines tels que l’industrie de défense, l’énergie ou encore les administrations régionales. Basé sur trois piliers (conférences, visites et travail de comité), les séminaires jeunes tentent de renforcer la cohésion nationale (on va y revenir) et la citoyenneté, ainsi que d’encourager la réflexion des jeunes participants sur des questions liées à la sécurité de la France (de nouveau, à comprendre au sens large).

Voici quelques enseignements ou citations qui m’ont marquées lors de ce premier jour de séminaire :

  • On parle de libéralisme économique aujourd’hui. Mais en vue du discours qui est tenu par les médias et les gouvernements, sur la compétitivité, les parts de marché et les monopoles, la situation correspond plus à des circonstances mercantilistes.

  • Il ne peut faut pas perdre de vue l’histoire des religions et la théologie lorsqu’on aborde les relations internationales. On voit d’ailleurs que l’histoire de l’Orthodoxie, par rapport au schisme chrétien d’Orient et d’Occident, ainsi que la Trinité influencent Poutine aujourd’hui. Parmi les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, seule la France ne comprend pas l’importance des religions sur la scène internationale en ne possédant pas une religion d’Etat. Au nom de la laïcité, on en oublie l’influence des codes religieux, des valeurs et principes qui en découlent et qui régissent la conduite des gouvernements.
  • Dans les théories géopolitiques notamment (Mahan, Mackinder et autres), les puissance maritime et terrestre s’opposent dans leur lutte pour contrôler le monde. De ce fait, on pense souvent qu’une puissance ne peut que l’un ou l’autre – une puissance maritime OU une puissance terrestre. Or les deux catégories ne sont pas inconciliables et sont en générales interdépendantes. Une puissance maritime a nécessairement un appui terrestres solide qui permet les ambitions maritimes. Par exemple, la marine britannique n’aurait pu se développer sans la fertilité du bassin de la Tamise qui a permis la production agricole qui finance les navires et les explorations. De même, la France, du fait de son identité et tradition agricoles, peut espérer avoir une présence océanique grâce à ses ressources vivrières et mercantiles. La France est ainsi une puissance terrestre de par sa position géographique et son histoire, mais aussi maritime du fait de ses côtes, de ses territoires d’outre-mer, de l’étendue ses eaux territoriales (deuxième derrière celle des Etats-Unis).
  • La France a un sérieux problème de renseignement, car c’est inévitablement ce qui diminué lors des restrictions budgétaires.
  • Internet est aujourd’hui la première source d’information contre les djihadistes qui utilisent des plateformes en lignes pour le recrutement et communiquer entre eux. Leur couper internet serait une catastrophe car ils n’auraient plus intérêts à maintenir cette ligne de communication en bonne état et pourraient ainsi menacer nos infrastructures en détruisant les câbles relais. Nous perdrions ainsi notre source de renseignement sur leurs activités ainsi que la capacité de communiquer et d’organiser notre lutte contre eux. Couper internet aujourd’hui équivaudrait ainsi à la fermeture des bordels d’antan, qui étaient la source d’information première pour les policiers.
  • Le monde est plus pacifique que jamais. Malgré les perceptions nourries par les médias, l’immédiateté de l’information et du discours des experts, les menaces et les décès liés aux conflits sont minimes par rapport à des périodes précédentes. Les conflits sont principalement interétatiques, les conflits sont moins long (seulement 1 conflit sur 5 dure plus de 5 ans). De plus, l’Europe est particulièrement exemptée, et 78% des décès liés à la guerre prennent place dans 5 pays dont l’Afghanistan, la Syrie et l’Iraq.

En plus des conférences, nous avons aussi été répartis en comité afin de se pencher sur une problématique auquel nous devons apporter des solutions envisageables par le gouvernement afin d’y faire faire. La problématique de mon comité est la suivante : « En quoi le retour à un dispositif de mobilisation tel qu’un service national peut-il répondre au sentiment perçu d’un délitement de la cohésion nationale ? »

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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Security & Defense

The Istanbul Cooperation Initiative: Bridging the regional gap

Again this month, I wrote an article for the Atlantic Treaty Association‘s monthly publication, Atlantic Voices.
This month, the topic was the bilateral agreements between NATO and the Middle East and North Africa (MENA). I specifically wrote about the Istanbul Cooperation Initiative which regroups NATO and four countries of the Gulf.

To know more about the ICI, go straight to page 7! (you can also check out the first article on the Mediterranean Dialogue)

flora 

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Decolonization, History and Culture

Indian Ocean: the other migrant crisis

As explained in my previous post, Mayotte is a French Overseas Territories which voted to be more integrated and become a Departement d’Outre Mer, therefore abiding to French and European laws.

As a French possession, Mayotte enjoys better living conditions than neighbouring and former fellow country-men in Comoros. When the Comoros decided to seize their independence and Mayotte voted to go their separate ways, each territory started on separate path – towards independence for the Comoros and towards remaining a relic of colonialism in the case of Mayotte.

The fact that Mayotte refused to build a common future with the rest of the archipelago stirred up problems in the region. Historical and cultural arguments have been put forward by the Comoros to explain how the partition of Mayotte from the Comoros went against the territorial integrity of the archipelago which is made of 4 and not 3 islands. It is on this basis that the President of the Comoros have appealed to the UN General Assembly to reject France’s “annexation” of Mayotte, which was made in accordance with people’s right to self-determination (although the results of the referendum were contested) and against the principle of territorial integrity.

Illegal immigration: Mayotte’s attractiveness 

Every year, thousands of Comorians cross the seas from their islands to Mayotte to immigrate illegally. At a time when we speak of the migration waves from the Middle East to Western Europe, the migration crisis in the Indian Ocean is swept under the carpet, although the phenomenon is important and has increased since Mayotte became a French département. What attracts the Comorians to Mayotte is the French Département’s development and wealth. It is estimated that Mayotte’s GDP is 7 times higher than that of the Comoros. the French health care system, much more advanced, better sanitized and also cheaper than in the neighbouring islands.

In addition, Mayotte has become a birth center in the region as all babies born in Mayotte automatically become French citizen. Indeed, the legal principle of jus soli, or right of soil, applies in Mayotte, thus granting the French nationality to anyone born in Mayotte. Jus soli is opposed to jus sanguinis which would require one of the parents to be French citizens for the newborn to gain the French nationality. It is believed that a third of the population of Mayotte, that is to say 50,000 to 60,000 people out of 21,700 (2013) are illegal immigrants, amongst which 90% come from the Comoros. (NB: a similar phenomenon can be observed in French Guyana, where mothers from neighbouring countries travel to give birth in the French overseas territories)

Mariane, the French allegory to Anjouan, one of the Comoros' island:

Marianne, the French allegory to Anjouan, one of the Comoros’ island: “I’ve already told, I cannot adopt you too”

Although the French border control attempt to keep the Comorians away, the attractiveness of Mayotte seems to be a sufficient motive for the illegal migrants to risk their lives over and over on kwassas-kwassas, the local fishermen’ boats, to cross the seas. The 70km that separate the island of Anjouan to Mayotte are deadly; it is estimated that up to 10,000 people have died since 1995 trying to reach the French territory.

This migration pattern, however, causes problems in Mayotte as the medical system is not built to also cure the population of the Comoros. The local finances are thus in deficit because of the migrants. Estimates judge that more than 50% of mothers giving birth in Mayotte are from the Comoros.

In addition to the weight on the health care system, immigrants cost a fortune: the border police must deploy important means to prevent illegal immigration and send the migrants back to where they came from (20,000 Comorians were rejected by the French border police in 2014). Illegal immigration was triggered by the imposition of a visa without which Comorians cannot visit Mayotte. The cost of that visa is, however, prohibitive for more Comorians, who thus prefer to go “visit” the neighbouring island via the fishermen’s boats.

What solution? 

The problem is historical: Mayotte is historically a part of the Comoros, and thus cannot be isolated from the other islands. It has been evaluated that a third of the migrants who come to Mayotte were born there, and thus only wish to go back rather than to immigrate. In addition, the visa – commonly called “visa Balladur”, but a financial strain on those historical and cultural ties which the Comoros and Mayotte share. On top of that, Mayotte is geographically isolated from the continent, and the Comoros are important partners for the island. Cutting the ties completely would be disastrous.

Plus, and although Mayotte is in development and still lags far behind the metropole, the island is very attractive for the neighbouring islands due to the available means France brings to Mayotte. In order to stop illegal immigration, supporting the development of the Comoros is part of the solution.

Many advocate for a more forceful method to stop the illegal transit of people to Mayotte, such as the creation of the equivalent of Frontex at the French level. But as shown by the migrant crisis in Europe, this type of military mission is not a deterrent to those looking for better living conditions.

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Security & Defense

NATO, Disaster Relief and Crisis Management

For this post, I am redirecting you to an article that I wrote for other reasons than my blog.

The article was published as part of the monthly publication of the Atlantic Treaty Association, which I currently work for. I took the opportunity to write an article in the September edition as an excuse to look more into NATO’s actions.

Most believe that NATO is a purely military alliance, which serves its member countries’ thirst for war. Well, first that is not true. Second, NATO is a military alliance whose assets also serve for other purposes than war. NATO is widely involved in humanitarian aid, disaster relief and crisis management.

In the slideshare below, you will find my article first, which outlines NATO’s role in disaster relief in regards to actual missions and in terms of cooperation with other institutions; the second article was written by Grace Rosinski who offers a clear outline of how crisis management is engrained in NATO’s strategic concept.

Enjoy the read!

The Atlantic Treaty Association (ATA) is an organization which acts as a network facilitator in the Euro-Atlantic and beyond. The ATA draws together political leaders, academics, and diplomats in an effort to further the values set forth in the North Atlantic Treaty.

Find out more about the ATA here.
Click here to see all of the past issues of Atlantic Voices.

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Ted Talk of the Week, The political use of...

The political use of fear

I decided that I would listen to a Ted Talk every morning while having breakfast. The point is to keep my brain going from the beginning of the day, but not necessarily on political or topical subjects. Every week, I will pick the one that made me reflect the most. I will post it here, and share my views with you.

Fear triggers creativity, “a constructive response” as David Rothkopf puts it. Other times, the result is not positive. The speaker details how 9/11 pushed the American to act out of fear and take disproportionate measures in response. Al Qaeda was at the time a small group of insurgents, whose ranks swole with the deployment of the international troops in Afghanistan and later with the US’s unlawful mission to Iraq. The response was thus wrong. The fact that the crises are still ongoing there proves that point. The American response was not appropriate and ignored the bigger trends, that of change and innovation. The response failed to incorporate those elements and the power of hybrid warfare.

OSCE, Ukraine and fear 

At the beginning of the week, I went to a conference organized by the Egmont Institute, where the Panel of Eminent Persons on European Security as a Common Project presented their preliminary report on the situation in Ukraine, as mandated by the OSCE. The panelists discussed their achievements so far, all in agreement that something needed to be done in order to stabilize the region. The Russian representative, Prof. Sergey Karaganov, of course stood in opposition to the rest of the participants, calling for the right for countries to act as they please. This two edged-sword comment could be indeed interpreted several ways, as it is both positive and negative. Positive because it thus allows Ukraine to choose its own path, a path which was leading it towards the West until Moscow put his veto; negative because it also justifies Russia’s actions, its right to react when it feels endangered. This should make the West, and especially Russia’s neighbouring countries, feel frightened because there is no longer any certainty on how Russia acts, or how far they are willing to go in order to feel secure again.

Another panelist focused on the element of fear. Sir Robert Cooper, the British representative, called on the audience to take fear into consideration in regards to the situation in Ukraine. The crisis there is only one element of Russia’s strategy to protect itself and regain power in the region. And fear will make those standing against him, i.e. Western European countries and those wishing to partner with them, more eager to fight off Moscow in order to avoid a war on the Old Continent.

Let’s go back to the Cold War for a second: the reason why there was no direct confrontation between NATO and the Warsaw Pact was because both parties wanted to avoid a war in Europe (kinetic or nuclear) – the First and the Second World Wars at least had this positive effect. It was the fear that another conflict would tear Europe apart again which forced the use of proxy wars. Cmdr (Res) Kurt Engelen, in accordance with the work of Mr. Janis Berzins, rightly analyzes that we are indeed being constantly attacked by Russia. Combined with the fact that Putin declared, already in 2007, that his country was at war to stop the Western expansionism towards the East and South, we must take this into consideration and act upon it. This war which does not say its name is hybrid and indirect, but it is there. The situation is much more uncertain than during the Cold War because there is no tacit agreement by both parties that there would be no direct attacks. This time, the game has no rules, at least according to Moscow. The latter wants to change the status quo which is in its disadvantage as its former sphere of influence is slowly running away from it. We should fear the consequences of that ambition because we triggered it. And that fear should be the element which will push the endangered countries and populations’ forces together to combat the common enemy.

It is believed by some that only fear will make us react to the threats we are facing. But what if fear makes us act irrationally like the Americans did?

flora

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