Security & Defense

93ème séminaire jeune de l’IHEDN – J2

Cette deuxième de comité suit le même schéma que la première, mais avec cette fois ci un focus sur l’Etat de la France aujourd’hui en matinée et sur les retours d’expérience (retex) d’opérations l’après-midi.

Voici les choses à retenir de la journée :

  • Les effectifs à la disposition de l’armée française ne cessent de décroitre, et atteignent désormais des forces comparables à celles de l’époque de Louis XIV bien que la population soit 3 fois plus importante aujourd’hui. Bien entendu, les corps-à-corps ont disparu et les guerres font moins de mort. L’effectif humain reste tout de même primordial à la fois par la force qui découle de sa présence mais aussi parce que la technologie ne peut pas se substituer à la composante humaine. Les forces françaises sont désormais en « surchauffe » avec des durées d’entrainement insuffisantes, des déploiements trop longs et des missions en manque d’effectif. On observe ainsi une démoralisation des troupes qui résulte de la corrélation entre ambitions évoquées dans le Livre Blanc de la Défense et les moyens disponibles.
  • La France a perdu plus de 40% de ses effectifs militaires entre 1992 et 2012. Cela n’aurait été possible dans aucun autre secteur. Mais les militaires ne font pas la grève…
  • La France possède 60 000 forces opérationnelles, ce qui permet le déploiement simultané de 22 000 hommes. Avec la présence française à travers le monde, notamment au Mali, en Centrafrique, à Barkhan, au Liban ainsi que dans les Antilles, l’Opération Sentinelle mise en place pour des raisons anti-terroristes et qui mobilise 9 000 soldats en métropole rajoute un poids sur les effectifs déjà en flux tendu du pays.
  • Les moyens budgétaires à la disposition de l’armée forcent une réduction des équipements, à la suite de laquelle on observe une surutilisation des équipements mais aussi le recours aux bricolages, c’est-à-dire l’utilisation des armes et autres pour des missions auxquelles elles n’étaient pas destinées. L’armée française privilégie ainsi l’achat d’outils polyvalents pouvant servir sur des théâtres d’opération divers et à des buts variés.
  • La loi de programmation prévue dans le Livre Blanc de 2013 a été ajusté en 2015, prévoyant ainsi la mise à disposition de 3,8 milliards d’euros supplémentaires aux armées sur les 4 prochaines années. Bien que cela reste insuffisant, le but est ainsi de pouvoir augmenter le nombre de troupes, de 66 000 à 77 000 personnels.
  • Le Livre Blanc de la Défense de 2013 ressert la zone d’intérêt autour de la France en soustrayant une partie de l’Asie, notamment l’Inde, mais aussi de la Mauritanie, de l’Asie Pacifique et de l’Afghanistan. Le focus est ainsi mis sur les frontières directes de l’UE et de l’environnement géographiquement proche (géographiquement et historiquement) de la France.
  • Les intérêts proclamés de la France aujourd’hui font écho à ceux affichés jadis par De Gaulle lors de la sortie de la France du Commandement Intégré de l’OTAN. L’accès est mis sur la protection du territoire nationale (métropole, territoires d’outre mers, ZEE) ; maintien de la paix et de la stabilité dans les zones clés évoquées dans le point précédent ; lutte contre le terrorisme et la prolifération nucléaire ; rôle de la France comme Nation-cadre dans des missions extérieures ; indépendance de l’initiative et de la stratégie de la France, qui s’illustre notamment par son indépendance nucléaire.
  • La France mise sur une tradition militaire renommée et polyvalente. Malgré la réduction des moyens, elle recherche le maintien de sa complétude, c’est-à-dire de sa capacité à intervenir par tous les moyens disponibles sur tous les théâtres d’opération. La France est aussi capable d’entrer en premier sur un théâtre, ce que peu de nations sont capables de faire (notamment au Mali, en Centrafrique, etc.).
  • En vue des défis notamment budgétaires, mais aussi compte tenu du changement du paysage sécuritaire de la France, cette dernière a intérêt à miser sur les alliances et partenariats, ne serait-ce que pour porter collectivement le poids des missions, mais aussi par le pooling and sharing, c’est-à-dire l’acquisition groupée d’appareils militaires dont l’utilisation est partagée entre les acheteurs (notamment avec l’Allemagne, mais aussi peut-être la Pologne, bien que les intérêts de cette dernière divergent de ceux de la France).
  • La France est le 4ème exportateur mondial d’armement. Le marché mondial des armes ne connait en effet pas la crise car le monde reste chrysogène et la solution militaire la réponse majoritairement adoptée par les Etats pour se prémunir contre les attaques et menaces.
  • Le secteur de l’industrie de défense reçoit d’importants investissements du gouvernement, ce qui permet le maintien de cette industrie en France, garantit l’approvisionnement des forces armées, et encourage la compétitivité de la France en la matière. Les exportations permettent la rentabilisation du secteur ainsi que de renforcer les partenaires qui se trouveraient en situation de crise.
  • Les exportations d’armement sont, par définition, interdites sauf exceptions. Ces exceptions sont déterminées par une analyse interministérielle des acheteurs potentiels et de ses intentions. L’autorisation de l’exportation doit se faire selon le respect des intérêts financiers et en terme de politique étrangère de la France, mais doit aussi s’inscrire dans la perspective du respect des Droits de l’Homme.
  • L’opération SANGARIS en République Centrafricaine (RCA) s’est fait suivant la demande du Président de la RCA, François Bozizé, alors que le pays était en proie à l’instabilité à cause des Séléka, groupuscule musulman semant la terreur dans le pays. 2 200 hommes sont déployés en continu depuis l’intervention française en décembre 2013. Le but est de soutenir les forces de l’Union Africaine, de ramener le niveau de sécurité le plus bas possible afin de pouvoir y mettre en place des infrastructures stables.

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93ème séminaire jeune de l’IHEDN – J1

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IHEDN

Cette semaine, mes articles seront un peu inhabituels car ils ne seront pas le résultat de ma recherche mais plus sur ce qui m’est permis d’apprendre cette semaine durant.
Je vais vous faire part de mes réflexions et apprentissages collectés lors du 93ème séminaire de l’IHEDN, l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale.

Basé à Paris, l’IHEDN est un institut de formation interministériel, dépendant de l’autorité du premier ministre, et dont les activités se focalisent sur les questions de défense au sens large. « Défense » ne doit pas être compris au sens purement militaire mais doit intégrer les dimensions économiques, culturelles, industrielles mais aussi toutes les questions d’affaires étrangères. Le but de l’IHEDN est ainsi de développer l’esprit des populations aux questions de défense et de les sensibiliser aux affaires internationales.

Je participe ainsi à une séminaire jeune, le 93ème organisé depuis 20 ans, qui se déroule à Paris. Les participants ont entre 20 et 30 ans et représentent des corps de métier aussi variés que membres du clergé, militaire de l’armée de terre et marine, consultants en sécurité, étudiants, et dans des domaines tels que l’industrie de défense, l’énergie ou encore les administrations régionales. Basé sur trois piliers (conférences, visites et travail de comité), les séminaires jeunes tentent de renforcer la cohésion nationale (on va y revenir) et la citoyenneté, ainsi que d’encourager la réflexion des jeunes participants sur des questions liées à la sécurité de la France (de nouveau, à comprendre au sens large).

Voici quelques enseignements ou citations qui m’ont marquées lors de ce premier jour de séminaire :

  • On parle de libéralisme économique aujourd’hui. Mais en vue du discours qui est tenu par les médias et les gouvernements, sur la compétitivité, les parts de marché et les monopoles, la situation correspond plus à des circonstances mercantilistes.

  • Il ne peut faut pas perdre de vue l’histoire des religions et la théologie lorsqu’on aborde les relations internationales. On voit d’ailleurs que l’histoire de l’Orthodoxie, par rapport au schisme chrétien d’Orient et d’Occident, ainsi que la Trinité influencent Poutine aujourd’hui. Parmi les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, seule la France ne comprend pas l’importance des religions sur la scène internationale en ne possédant pas une religion d’Etat. Au nom de la laïcité, on en oublie l’influence des codes religieux, des valeurs et principes qui en découlent et qui régissent la conduite des gouvernements.
  • Dans les théories géopolitiques notamment (Mahan, Mackinder et autres), les puissance maritime et terrestre s’opposent dans leur lutte pour contrôler le monde. De ce fait, on pense souvent qu’une puissance ne peut que l’un ou l’autre – une puissance maritime OU une puissance terrestre. Or les deux catégories ne sont pas inconciliables et sont en générales interdépendantes. Une puissance maritime a nécessairement un appui terrestres solide qui permet les ambitions maritimes. Par exemple, la marine britannique n’aurait pu se développer sans la fertilité du bassin de la Tamise qui a permis la production agricole qui finance les navires et les explorations. De même, la France, du fait de son identité et tradition agricoles, peut espérer avoir une présence océanique grâce à ses ressources vivrières et mercantiles. La France est ainsi une puissance terrestre de par sa position géographique et son histoire, mais aussi maritime du fait de ses côtes, de ses territoires d’outre-mer, de l’étendue ses eaux territoriales (deuxième derrière celle des Etats-Unis).
  • La France a un sérieux problème de renseignement, car c’est inévitablement ce qui diminué lors des restrictions budgétaires.
  • Internet est aujourd’hui la première source d’information contre les djihadistes qui utilisent des plateformes en lignes pour le recrutement et communiquer entre eux. Leur couper internet serait une catastrophe car ils n’auraient plus intérêts à maintenir cette ligne de communication en bonne état et pourraient ainsi menacer nos infrastructures en détruisant les câbles relais. Nous perdrions ainsi notre source de renseignement sur leurs activités ainsi que la capacité de communiquer et d’organiser notre lutte contre eux. Couper internet aujourd’hui équivaudrait ainsi à la fermeture des bordels d’antan, qui étaient la source d’information première pour les policiers.
  • Le monde est plus pacifique que jamais. Malgré les perceptions nourries par les médias, l’immédiateté de l’information et du discours des experts, les menaces et les décès liés aux conflits sont minimes par rapport à des périodes précédentes. Les conflits sont principalement interétatiques, les conflits sont moins long (seulement 1 conflit sur 5 dure plus de 5 ans). De plus, l’Europe est particulièrement exemptée, et 78% des décès liés à la guerre prennent place dans 5 pays dont l’Afghanistan, la Syrie et l’Iraq.

En plus des conférences, nous avons aussi été répartis en comité afin de se pencher sur une problématique auquel nous devons apporter des solutions envisageables par le gouvernement afin d’y faire faire. La problématique de mon comité est la suivante : « En quoi le retour à un dispositif de mobilisation tel qu’un service national peut-il répondre au sentiment perçu d’un délitement de la cohésion nationale ? »

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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Countries, Français

L’Algérie

L'indépendance de l'Algérie

L’Algérie, ce pays d’Afrique du nord, riche en ressources et à la population dynamique ne semble pas arriver à trouver sa stabilité malgré son indépendance depuis plus de 50 ans. Sujet de nombreux livres, notamment de Yasmina Khadra, ce pays m’intrigue. Sur fond de réformes constitutionnelles, en Algérie, rien ne semble pourtant aller de l’avant.   

L’Algérie. Ce pays m’intrigue depuis quelques temps. C’est sûrement à cause de Yasmina Khadra. Son livre Ce que le jour doit à la nuit m’a tenu en halène du début jusqu’à la fin. Des histoires d’amitié et d’amour grandissent, avec en toile de fond la lutte pour l’indépendance algérienne. La France et les algériens se déchirent.

Cela me fait réaliser qu’à l’école en France, on ne s’attarde pas sur cette partie de Continue reading

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Divided Islands

The divided islands: Saint Martin

This series of articles will focus on a territorial quirk I find very interesting because cases are more numerous than I first thought and because it is the source of disparities; I will write about those islands that are split into several countries (mostly two, sometimes more). Of course, some cases are more famous than others. You might have thought of Cyprus and Ireland. I will attempt to write about as many as possible, so come back every week to read about a new place.

The island of Saint Martin was discovered by Christopher Columbus, who was then on his second voyage to the Caribbean, on November 11th 1493, on Saint Martin’s day, hence the name. Due to its salt deposits and protected waters, the Flemish, Dutch, French, English, Portuguese and Spanish all wanted to take possession of the newly discovered land.

The Dutch started occupying Saint Martin in 1627, which caused direct confrontation with Spain as Columbus had claimed the island for the Spanish Crown. The Spaniards, however, Continue reading

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France's Forgotten Territories, Uncategorized

France’s forgotten territories: Clipperton & Floréana

A few weeks ago, I attended a conference in Paris, in the prestigious Ecole Militaire. The topic of the conference was the French forgotten territories, those pieces of land scattered around the globe which few people know about. On this blog, I have previously talked about Mayotte and some former French colonies such as Madagascar, but I have not yet touched upon the inhabited territories that France possesses. Based on his book “tour du monde des terres françaises oubliées”, Bruno Fuligni presented the enclaves, islands, rocks, houses and memorials which continue to make France an empire on which the sun never sets. Many believe that France is now a small country, as it is only a fraction of what it used to be. This is, however, only partly true. France may have lost its African, American and Asian possessions to decolonization, but some corners of the world were spared by this process.

This week, we will explore two islands located in the Pacific: Clipperton and Floréana. The first case is more of a classic one as it is claimed by France. The second one is a little bit quirkier as it official belongs to Ecuador, even if a French village claims their sovereignty over the island.

Clipperton 

Clipperton, lost in the Pacific Ocean

Clipperton, lost in the Pacific Ocean – Source: Marine Nationale

Located 1,300km off the coast of Mexico and 6,000 km away from Tahiti, from which it is administered, the atoll of Clipperton is the most isolated territory in the world. Clipperton spread over 6km² of land, in the middle of which a lagoon has formed. Clipperton gives France an exclusive economic zone of 425220 km² (more than that of metropolitan France), an important number considering the size of the territory, as well as in light of the local wildlife. The waters around Clipperton have been deemed rich in fish, and especially in tuna, which has allowed France to join the Inter American Tropical Tuna Commission (I.A.T.T.C.). An automatic meteorological station has been in place there since 1980.

Previously called Ile de la Passion, or Passion Island, the islet was allegedly discovered by Magellan at the beginning of the 18th century. France, however, did not claim ownership before 1859. The name of Clipperton comes from the name of the British pirate Clippington, better known as Clipperton, who was left on the island by the privateer William Dampier in 1704. The islet was the object of a territorial dispute between the United States and Mexico as both wanted to exploit the guano the seabirds left there. Guano was of particular importance for the farming industry as it was used as a fertilizer. In 1897, despite being a French possession, the Mexicans set a settlement on Clipperton. In order to settle the dispute, the responsibility to decide was given by the International Court to Italy. In 1931, amidst the rise of Mussolini in Italy, the king Vittorio Emanuele III awarded the possession to France, in an effort to make a gesture and bring the two countries closer together as the Second World War was preparing.  Clipperton was then used as a military base for the US Navy during World War Two.

Due to its geographic isolation, France has been unable to keep a close eye on the islet. Illegal and unregulated fishing has thus always been practiced, especially by Mexican fishermen. Today, France sends a military mission there every year in order to renew France’s sovereignty over Clipperton. This sovereignty is, however, not consecrated in the French constitution.

There have been many projects to set a scientific base, just like in the TAAF on Clipperton, in an effort to observe and study the local wildlife, as well as to assess the impact of pollution on this isolated island. As explained in the video below, the islet has been strongly impacted by maritime pollution, and Clipperton continues to be invaded by plastic wastes brought by the waves.

FloréanaFloréana

Named after the first president of Ecuador, Juan José Flores, the island of Floréana is located off the coast of Ecuador, in the archipelago of the Galapagos, in the Pacific Ocean.

In 1844, under Louis Philippe, the French Minister of Foreign Affairs, François Guizot received a letter from a rich Frenchman offering the French government to acquire parts of the Galapagos islands as Flores wished to get rid of them in return for some money of which he was in dire need. This Frenchman, Léon Uthurburu, foresaw the strategic importance of those islands if a canal were to be built to cut through central America. The interest would be great for France as a canal would enable the Antilles and Tahiti to be connected much easier. The French government refused as the digging of what would become the Panama Canal was, at the time, unimaginable for them. Léon Uthurburu still acquired one of the island of the Galapagos, Floréana, for his own account. Single and childless, he left all his possessions to the village he came from, Barcus, in the French Basque country. Since then, the village has claimed ownership of the island, even though France recognized in 1887 that Ecuador was the true owner of Floréana. It must be noted that France timidly tried to support Barcus’s claim as soon as the Panama Canal was dug, without success.

Floréana is a volcanic island, uninhabited by humans but full of giant turtles and iguanas.

This is the last article of the series. France possesses more territories around the world, but those I have mentioned are the most important. I could have mentioned the various churches France owns in Rome, or the cave in Jerusalem, and many more. But for now, that is it.

With this world tour, we have travelled around the globe and explored France’s grandeur. France is much more than the metropole and goes far beyond Europe. Indeed, France is not a European power, but a world power as there are more French land and water outside of European than in. France remains an international power.

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Decolonization, History and Culture

France’s forgotten territories: Saint Helena, Guernsey and Oberhausen

A few weeks ago, I attended a conference in Paris, in the prestigious Ecole Militaire. The topic of the conference was the French forgotten territories, those pieces of land scattered around the globe which few people know about. On this blog, I have previously talked about Mayotte and some former French colonies such as Madagascar, but I have not yet touched upon the inhabited territories that France possesses. Based on his book “tour du monde des terres françaises oubliées”, Bruno Fuligni presented the enclaves, islands, rocks, houses and memorials which continue to make France an empire on which the sun never sets. Many believe that France is now a small country, as it is only a fraction of what it used to be. This is, however, only partly true. France may have lost its African, American and Asian possessions to decolonization, but some corners of the world were spared by this process.

Last week, I told you about the pieces of land France owns in Europe; Ile Julia and Ile des Faisans, two territories with very distinct but quirky stories. In this article, I will touch upon French possessions which relate to famous figures in French history. On foreign soil, France owns houses and memorials to perpetrate the glory of several French heroes.

Saint Helena and Napoléon

Longwood, Napoleon's quarters on Saint Helena

Longwood, Napoleon’s quarters on Saint Helena

Napoléon is still today one of France’s biggest pride; the name of the emperor comes with the idea of greatness, grandeur, reforms and modernity as some of Napoléon’s creation are still in place today, such as the Code Civile, even beyond France. Going back to the topic of this article, we must go to Saint Helena where the Emperor died in exile in May 1825. The house and area where the Emperor died still belongs to France today, in memory of the national figure Napoleon was and still remains. There is therefore a French enclave on British territory in the South Atlantic Ocean; it is Longwood, Napoleon’s last residence, as well as the small pavilion Briars and the Valley of the Tomb where Napoleon was first buried. The isolation of Saint Helena makes visiting the island very difficult (this is what made it so interesting for exiling Napoleon) as only one ship accesses the territory every three weeks. The construction of an airport due to open in 2016 might change everything. We can expect hoards of tourists rushing to Saint Helena to follow Napoleon’s last steps. But think that tourist shops will probably be set up. If they are within the French enclaves, tourists will have to pay in Euros will being surrounding by British territories were the British Pound is used. It might get confusing for many.

Guernsey and Victor Hugo 

Victor Hugo's House, Hauteville House, St Peter Port. http://www.visitguernsey.com/

Victor Hugo’s House, Hauteville House, St Peter Port. http://www.visitguernsey.com/

This case is actually quite similar to the previous one: there is a piece of land on a British island which used to belong to a famous Frenchman which now belongs to France. This time, we are talking about Victor Hugo’s house on the island of Guernsey located between France and the UK, in the middle of the Channel. An again, just like Napoleon, Hugo was in exile (from 1856 tp 1870). Victor Hugo had already been in exile in Guernsey for five years for opposing the coup d’état staged by Napoléon III and had been banished from Brussels and Jersey successively . With the proceeds from sales of the anthology Les Contemplations, published in 1856, he purchased an estate comprising a five-storey house, garden and belvedere overlooking Havelet bay, in Saint Peter Port.”. It is the sale of Les Contemplations which enabled him to put a roof on his head, namely that of the Hauteville House, on the British island. It is the famous writer who decorated the interior of the house. “Hauteville House remained in the family until 1927, when Jeanne Nègreponte, Victor Hugo’s grand-daughter and the children of his grandson Georges Hugo donated it to the City of Paris on the occasion of the celebrations marking one hundred years of Romanticism.” Today, the City of Paris still administers Hauteville House.

La Tour d’Auvergne in Oberhausen, Bavaria

Latour Memorial in Oberhausen, Bavaria

Latour Memorial in Oberhausen, Bavaria

Théophile Malo de La Tour d’Auvergne-Corret was a French soldier and musketeer, who throughout his life, has been recognized as brave. He also took an active part in the French Revolution. Refusing many promotions under the Ancien Régime despite his central role in several wars, notably against Spain at the end of the 18th century, he finally received the title of “Premier grenadier de de la République” from Napoléon Bonaparte. He died at war in Oberhausen, Bavaria in June 1880. His superior; General Moreau, in honour of his death, acquired a piece of land where La Tour d’Auvergne died to bury him there (see picture). This piece of land still belongs to France today, even though the remain of La Tour d’Auvergne were moved to the Panthéon in Paris for the 100th anniversary of the Revolution of 1789.

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Decolonization, History and Culture

France’s forgotten territories: Ile des Faisans and Ile Julia

Bruno Fulgini at the ANAJ IHEDN conference in Paris on 29.10.15

Bruno Fuligni at the ANAJ IHEDN conference in Paris on 29.10.15

Yesterday evening I attended a conference in Paris, in the prestigious Ecole Militaire. On top of taking place in an amazing location (you get a close up view onto the Eiffel Tower from there), this is also an important location for whoever is interested by questions of defence. A special organisation was created to address those questions. For the ANAJ IHEDN, defence means more than what you would first assume. Defence is cultural, intellectual, military and so much more.

The topic of yesterday’s conference was the French forgotten territories, those pieces of land scattered around the globe which few people know about. On this blog, I have previously talked about Mayotte and some former French colonies such as Madagascar, but I have not yet touched upon the inhabited territories that France possesses. Based on his book “tour du monde des terres françaises oubliées”, Bruno Fuligni presented the enclaves, islands, rocks, houses and memorials which continue to make France an empire on which the sun never sets.

Many believe that France is now a small country, as it is only a fraction of what it used to be. This is, however, only partly true. France may have lost its African, American and Asian possessions to decolonization, but some corners of the world were spared by this process.

In this article, I will not refer to the DROM and COM, the inhabited overseas territories that everybody knows about – Martinique, Guadeloupe, Wallis et Futuna, Saint Pierre et Miquelon, Mayotte, French Guyana, etc. In this article I will only touch upon some of the examples which were discussed yesterday as the list of those French forgotten territories is long. I will start with the French possessions which are located in Europe. On top of the French enclaves in Germany, which I will not discussed as they are inhabited and not so uncommon, many islands, rocks, archipelago, houses, enclaves, etc. still belong to France; in my opinion, those places are worth knowing about.

The pheasants

Ile des Faisans

Ile des Faisans

In the south-west of France, a river called Bidassoa marks the border with Spain. In the middle of this river, the tiny “ile des Faisans” (3000 m2) is a historical curiosity and landmark. Most people believe that this island was named after the birds when it is actually referring to the use of this piece of land, which the nickname of the island, “the island of the Conference” gives us a hint. Indeed, the island has been widely used for diplomatic purposes. “Faisans” is in fact a reference to the “doers” or the diplomats and not to the birds. The island was indeed used several times to settle dispute between France and Spain. It was on the Bidassoa that Francois I was returned to France in exchange for his sons. It was also there that, in 1659, the marriage of Louis XIV and Marie Therese of Austria, daughter of Philip IV of Spain was settled, as agreed in the Treaty of the Pyrenees. Since the treaty, the island is a French and Spanish condominium, meaning that, although the island is not inhabited, the police administering the territory changes every six months. Next February, France will then have to pass on the keys to Spain until next August. Although fastidious, this system has avoided many confrontations between the two neighbour countries which have used this island as a safe haven to decide on the destiny of the two nations. Only diplomats could have imagined this administrative arrangement..

Julia

A volcanic eruption created Ile Julia (or Fernandea)

A volcanic eruption created Ile Julia (or Fernandea)

The other example which is worth mentioning is actually quite a funny story as France is the owner of a ghost island in the Mediterranean, between Sicily and Malta.  Ile Julia (or Ferdinandea for the Italians and Graham for the Brits) is particularly worth dwelling on as it no longer exists but might reappear. In 1831 an island appeared as a result of a submarine volcano eruption. The Italians rushed to claim ownership by throwing a row on this hot piece of land. The row burned, thus destroying the Italian sovereignty. The Brits then sent the navy, but the ship was too big to get close enough to put a flag. The French then sent a scientific mission to conquer the land and study the mysterious island. A few months later, the French government sent another mission to reinforce their settlement. The island was, however, no longer there. Turns out the island was only made of volcanic dust which had been washed away by the waves. So technically, France is the owner of a ghost island.

Maybe, someday, Julia Island will reappear. And due to its key strategic location, and despite France’s official sovereignty rights on Julia,  there might be some opposition to France’s sovereignty claim. When the island reappears, it will be crucial to reassert the claim against the competitors… it must be remembered that the competition will be tough, especially considering that Italy placed a waterproof flag on the volcano after Mr. Fuligni joked in one of his article that France should do it….

There are many more examples I need to tell you about; they all have their own stories and their own quirks.

Next time, read about the special and tiny places France owns across the globe and which report to its national history, and more precisely to some very important figures.

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