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Kiribati : maintenir une population hors de l’eau

Après avoir exploré les cas de Nauru et de Tuvalu, il parait nécessaire de faire une nouvelle étape à Kiribati, pays où le gouvernement se dévoue à faire face aux effets du réchauffement climatique. Kiribati est l’un des pays les plus pauvres au monde. Situé au milieu de l’Océan Pacifique, à au moins 5 jours de bateau de la terre la plus proche, la survie du pays est menacée pas la montée des océans, un phénomène que le gouvernement local tente de freiner avec l’aide d’autres Etats se trouvant dans la même situation comme Tuvalu, les Seychelles et les Maldives.

Kiribati (prononcé Ki-ri-bas) comprend 33 atolls et récifs coralliens et se situe au milieu de l’Océan Pacifique. Les îles sont regroupées en 3 grappes, les Iles Gilbert, les Iles Phoenix et les Iles de la Ligne. La population locale est d’environ 110 000 habitants. « Le pays est aussi l’un des plus pauvres et des moins visités au monde. S’y rendre est comme effectuer un voyage dans le temps, même en allant dans la capitale, Tarawa. Les hommes pèchent et récoltent des noix de coco. Les femmes plantent des légumes et tressent des toits en lianes. Seuls quelques habitants participent à l’activité économique du pays. Cette vie simple est cependant devenue de plus en plus difficile ces derniers temps. » Kiribati

La menace

Il est estimé que le niveau des océans augmente de 3mm par an. Même si ce nombre semble négligeable, cette augmentation menace l’activité humaine autour du globe, comme notamment à Kiribati où les îlots s’élèvent en moyenne à 2 m d’altitude. Le pays est ainsi mis en difficulté par les vagues, et surtout par le phénomène appelé king tide, ces grosses vagues qui détruisent tout sur leur passage et qui sont devenues plus fréquentes ces dernières années (le phénomène arrivait environ tous les 4 ans contre tous les 2-3 mois aujourd’hui) à cause du réchauffement climatique. Ces vagues sont la cause de l’érosion des littoraux ainsi que de la destruction des habitations et des surfaces cultivables à Kiribati, et ne laissent derrière elles que des plages de sable, inutilisables pour la production agricole. Du fait du manque de profondeur des îles de Kiribati, il est impossible pour les habitants de s’éloigner suffisamment des côtes afin de se protéger des effets dévastateurs de la montée des eaux. En effet, les îles font souvent quelques centaines de mètres de largeur. Les inondations réduisent aussi les sources et réserves d’eau potable.

De plus, le phénomène de ‘blanchissement des coraux’, c’est à dire la dévitalisation du corail suite à la hausse de la température de l’eau et de son acidité, met en péril la survie de la flore et la faune marine. Ce phénomène a récemment fortement affecté les Iles Phœnix. Heureusement, l’archipel est peu – voir pas – affecté par l’activité humaine et son écosystème réussit à se reconstruire, ce qui serait beaucoup plus lent, et même impossible dans des eaux polluées.

 Enfin, le Cyclone Pam qui a détruit le Vanuatu et touché Tuvalu, a aussi eu des répercussions à Kiribati, et en particulier sur les îles les plus au sud qui ont dû faire face à des vagues de forte intensité. Cela est surprenant car, du fait de sa position à cheval sur l’Equateur, Kiribati ne devrait pas être touché du tout pas les cyclones.

Les propos du Président de Kiribati, Anote Tong, illustrent bien la situation:

Je pense que beaucoup de personnes pensent à tort que le changement climatique est un phénomène du future. Nous, nous sommes au bas de l’échelle. Le changement climatique est déjà chez nous.

Kiribati est dans une situation précaire et son existence est en jeu. Si les conditions climatiques continuent sur leurs lancées, la population devra certainement évacuer le pays. Les i-Kiribati, les habitants du pays, sont très inquiets par cette possibilité. En effet, leurs terres ont une signification particulière pour eux et y sont traditionnellement très attachés. La communauté internationale n’est pas en reste car il n’y a aucun précédent sur lequel s’inspirer pour trouver une solution adéquate au problème de Kiribati.

Sauver Kiribati

De nombreux i-Kiribati ont déjà quitté leur pays d’origine, notamment dans les années 60 pour rejoindre Fidji à cause du manque d’opportunités économiques à Kiribati. Aujourd’hui, les i-Kiribati émigrent vers la Nouvelle-Zélande et l’Australie où on leur donne des vises temporaires. Cependant, ceux-ci ne sont pas toujours renouvelés, et du fait de l’absence du principe de réfugié climatique en droit international, il est impossible de faire appel. En effet, ‘réfugié’ s’applique à « une personne pour qui il y a des raisons tangibles de penser qu’elle est persécutée à cause de sa race, religion, nationalité, affiliation politique ou appartenance à une certaine catégorie sociale ». Des mouvements de population interne au pays sont aussi visible, notamment à destination de la capitale, Tawara Sud. Mais le chômage rampant y limite les opportunités économiques.

Même si l’émigration de toute la population reste la solution la plus évidente à la montée des eaux, le gouvernement tente de trouver des alternatives à cette solution radicale. Préserver les îles doit être la priorité afin de sauvegarder un pays, son identité ainsi que de ne pas abandonner face aux changements climatiques. Les autorités de Kiribati font tout en leur pouvoir afin de trouver des alternatives à l’abandon de l’archipel. En ce qui concerne l’émigration, cette piste n’est pas totalement abandonnée, mais l’emphase est mise sur la ‘migration avec dignité’ c’est-à-dire dans des conditions favorables plutôt que forcée par le désespoir et en ayant tout perdu. Ce programme donne ainsi accès à des formations professionnelles dans des pays voisins comme la Nouvelle Zélande et Fidji, et donne ainsi la chance à des i-Kiribati de se créer un future meilleur. Même si cela cause le risque de brain drain, ou fuite des cerveaux alors que la main d’œuvre qualifiée quitte le pays, cela permet aussi de limiter l’impact des activités humaines sur les ressources naturelles limitées de Kiribati. De plus, l’envoi de fonds par les émigrés vers Kiribati génère une source de revenus importante pour les populations restantes.

En 2014, le gouvernement a fait l’acquisition d’un bout de terrain de 20km2 sur Vanua Levu, une ile fidjienne. Cette parcelle de terre sert a désormais pour l’agriculture et la pèche et assure ainsi la sécurité alimentaire de Kiribati. Y installer les refugies climatique de Kiribati n’est pas exclu dans le cas où les conditions dans le pays devenaient invivables. Le gouvernement de Kiribati travaille aussi avec le Japon sur un projet de construction d’une ile flottante pour y relocaliser les i-Kiribati.

Les Iles Phœnix ont aussi été inscrites au Patrimoine de l’Humanité de l’UNESCO afin de d’en conserver l’environnement naturel, en faisant la Zone Maritime Protégée la plus grande au monde.

Et maintenant?

Tout ce que le gouvernement de Kiribati fait est pour contrer le réchauffement climatique par tous les bords. Sur la scène internationale, Anote Tong et ses collègues en appelant a leurs homologues et en s’alliant aux dirigeants des autres pays qui font face aux mêmes problèmes. Ils ont aussi tente de trouver des solutions innovatrices a un problème sans précèdent mais qui risque de devenir de plus en plus fréquent. Le President de Kiribati, s’inspiration de la crise des refugies en Europe, tente d’éviter que ses compatriotes se retrouvent dans la même situation que les Syriens et autres refugies, et cherche de meilleurs alternatives à l’aide humanitaire et a l’émigration forcée.

La COP21 a offert la tribune idéale pour Kiribati de partager sa situation. Ainsi, Anote Tong a déclare

Le changement climatique doit être pensé comme un phénomène global, parce qu’on le crée, individuellement, en tant que nations; il affecte tout le monde, mais on refuse quand même d’adresser le problème, d’y faire face comme un problème national – ce qui n’en est d’ailleurs pas un car c’est un problème collectif.

Le dérèglement climatique est un problème global. Et nous devons préserver ce qui est encore intact, et le développement doit être fait de manière responsable. Kiribati, et beaucoup d’autres iles polluent très peu mais sont ceux qui sont le plus touches par le développement humain et la croissance économique sans limite. Ils ne devraient pas être les seuls à demander que les choses changent.

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Countries, Territories in the Pacific

Kiribati: keeping a population afloat

After having explored the cases of Nauru and Tuvalu, that of Kiribati must be looked into as it showcases the dedication of a government to counteract the effects of global warming. Kiribati is one of the poorest countries in the world. Located in the middle of the Pacific Ocean, at least five days by boat away from other land, this nation’s survival is threatened by the rising sea level, a phenomenon the local government is dedicated to stall with the help of other stricken Small Islands States such as Tuvalu, Seychelles and the Maldives. 

Kiribati (pronounced Kee-ree-bus) is made out of 33 atolls and coral reefs, and is located in the middle of the Pacific Ocean, at least five days by boat away from any other land. The islands are divided into 3 island groups, Gilbert Islands, Phoenix Islands and Line Islands. They are located in both the Northern and Southern Hemisphere as well as on both ends of the International Date Line. The local population is estimated at 110,000 people.Kiribati

The country is one of the least developed – and least visited – in the world; a visit outside South Tarawa is like stepping back in time. Men fish and tend to the coconut trees. Women plant vegetables and braid pandanus leaves into thatches. Only a minority is involved in the monetary economy. It is a simple life that lately has become harder.”

The threat

Every year, the seas are believed to rise by 3mm. Although the number sounds small, such an increase threatens many places around the world like Kiribati whose shores rise at around 2m above sea level. The nation is therefore weak in the face of tides, and especially king tides which have become more frequent (more than 3 times a year as opposed to once every 4 years 20 years ago) due to climate change. This kind of tide destroys the shores of the island more and more everytime, wiping out homes and arable land, leaving only sandy beaches behind. Due to the lack of depth of the islands, it is difficult for the inhabitants to stay away from the shores and so they remain threatened by high waves. Floods also cause the diminution of the sources of drinkable water.

In addition, sea bleaching, or coral bleaching, a phenomenon whereby water temperature rises and water becomes more acid, killing the marine wildlife has affected the Phoenix islands, killing corals and fish. It is only because the archipelago has been protected throughout the years from human activities that the ecosystem is slowly able to rebuild itself.

Finally, Cyclone Pam which destroyed Vanuatu and hit Tuvalu also had repercussions for Kiribati and the most southern islands of the archipelago were hit by strong waves. Kiribati is usually not affected by cyclones due to its location by the equator.

As the President of Kiribati, Anote Tong said:

I think what many people do not understand is they think climate change is something that is happening in the future. Well, we’re at the very bottom end of the spectrum. It’s already with us.

All in all, Kiribati is in a dire situation where its existence is in jeopardy. If the weather conditions continue the way they are now, the entire population will most probably have to relocate. This, however, raises concern amongst the i-Kiribati (the inhabitants of Kiribati) as they are traditionally very attached to their land, and the international level as there is no precedent to base action on.

Saving Kiribati

Several i-Kiribati already left their homeland in the 60s to migrate to Fiji. Movements of population are also occurring inland or to other islands, especially to Tarawa, the capital of Kiribati where unemployment is extremely high.

Another wave of migration has taken place in more recent years, notably to New Zealand and Australia, where the newcomers were granted temporary visas. But because the is no provision for climate refugees in international law, as the term of ‘refugee‘ refers to ” someone who, there are reasonable grounds to believe, will be persecuted due to their race, religion, nationality, political affiliation or membership of a certain social group”, the visas were never renewed.

Although the possibility to migrate is an evident one, the government wishes to look at it as the last recourse. Preserving the islands must be the priority for all, in an effort to preserve a country, an identity as well as to not give up in the face of climate change. The government of Kiribati is doing everything in its power to finds alternatives to the disappearance of this Pacific nation. The emphasis is put on “migration with dignity” which gives the opportunity for some to access training in neighbouring countries such as New Zealand and Fiji, thus giving them a chance to find a better alternative to their limited lives in Kiribati. And although this causes the risk of brain drain, it is seen positively as it could lift off pressure on the seldom local resources while remittance could be a source of revenues for the population of the islands.

In 2014, the government also purchased a 20 sq km piece of land on an island of Fiji, Vanua Levu. This land now serves to ensure Kiribati’s food security by being used to for agricultural and fish-farming projects. The possibility to displace i-Kiribati there is, however, not excluded if the conditions and life on the atolls were to become impossible. The government is also looking into constructing floating islands for its population.

The Phoenix Islands have also been added to UNESCO’s World Heritage list, making them the largest designated Marine Protected Area in the world, in an effort to conserve the pristine environement of the islands.

The road ahead

Everything that is currently being done by Kiribati is to address the issue of climate change from all angles by advocating for the survival of the nation on the international scene by notably teaming up with their neighbouring islands which are faced with the same problems, but also by finding innovative and long term solution for the populations. In light of the migration crisis currently taking place in Europe, Anote Tong, the President of Kiribati, continues to seek better alternatives to humanitarian relief and forced migration.

COP21 offered a platform for the President of Kiribati to put his fight forward. He declared before the meeting that

Until we can think of [climate change] as a global phenomenon, because we create it, individually, as nations, but it affects everybody else, and yet, we refuse to do anything about it, and we deal with it as a national problem, which it is not — it is a global issue, and it’s got to be dealt with collectively.

Climate change is a global problem. What can be preserved should be kept intact. Development should be practiced responsibly. Kiribati, and many other islands, pollute very little but yet are the ones which are the most affected by human development and economic growth. They should not be the only ones who advocate for a change.

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